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Bouton de fièvre, baiser dangereux

Thèmes Santé -> Santé
publié le 06/07/2005
Il semblerait que 15% des adultes français souffrent d'herpès du visage (bouton de fièvre, herpès labial). Ce chiffre correspond à la moyenne des pays européens. Par extrapolation, on estime à 9 millions le nombre de personnes ayant des poussées d'herpès labial chaque année*.



1) Le fautif : Herpes simplex virus HSV

Dans 98 à 99% des cas, le bouton de fièvre est dû au HSV1. Il existe en fait deux types de virus, le HVS1 et le HVS2. Pendant longtemps, on a pensé que le HSV1 infectait uniquement la partie supérieure du corps, et le HVS2 la partie inférieure (60 à 80% des cas d'herpès génital). On sait aujourd'hui que chacun d'entre eux peut empiéter sur le territoire de l'autre.


2) Transmission par le baiser

L'herpès du visage s'acquiert essentiellement par un contact direct avec une personne présentant un herpès labial, à l'occasion d'un baiser. Plus rarement, il peut aussi s'attraper à l'occasion d'un rapport sexuel mettant la bouche en contact direct avec des lésions d'herpès génital. Exceptionnellement, le visage peut être aussi contaminé par auto-inoculation à partir d'une lésion d'herpès située à un autre endroit du corps.


3) Localisation principale : sur la lèvre

Le plus souvent, c'est la lèvre qui est atteinte, mais l'herpès peut aussi toucher le pourtour de la bouche, le menton, les narines, les joues ou toute autre partie du visage entrée en contact avec le virus. L'atteinte de l'œil (herpès oculaire) est plus rare, mais potentiellement plus grave.


4) Les facteurs déclenchants

Ce sont toujours les mêmes chez un même individu, à tel point que la personne qui fait une poussée d'herpès fait généralement le lien avec le facteur déclenchant précis : fièvre, fatigue, stress ou émotion vive, règles, traumatismes locaux (mouchages répétés, extraction dentaire…), soleil, chaud, froid, prise d'alcool…


5) Les signes avant-coureurs

Là encore, le schéma est classique : picotements, démangeaisons, sensation de brûlure, d'engourdissement, douleurs. Avec de tels signes, une personne sur deux est capable de prévoir la survenue d'une poussée, qui de plus se répète toujours au même endroit chez un individu donné.


6) Les poussées et les lésions

Quelques heures à quelques jours après les signes annonciateurs, une rougeur apparaît, puis des vésicules (petites cloques groupées « en bouquet » et contenant un liquide). Ces dernières, fragiles, laissent rapidement la place à de petites plaies à vif, suintantes, puis en zone cutanée, à des croûtes qui tomberont en quelques jours. La poussée dure une huitaine de jours en moyenne et ne laisse pas de cicatrice.
L'intensité des poussées est variable d'un individu à l'autre et chez une même personne selon les périodes.


7) A quel moment est-on contagieux ?

La contagiosité est maximale au moment des vésicules, très riches en virus. Mais elle existe aussi lors des signes annonciateurs et au moins quelques jours après la fin de la poussée.


8) Quelle est la fréquence des poussées ?

Elle est très variable. Selon certaines études, le nombre annuel moyen des poussées est de 2,4, mais environ 13% des personnes ont au moins six récidives dans l'année. Plus les poussées sont marquées et fréquentes, plus l'impact sur la vie quotidienne est important.


9) Quand consulter ?

Dès l'apparition des premières manifestations, sans même attendre quelques jours. En effet, c'est au moment de la survenue des vésicules que le diagnostic est le plus facile. On peut même dire qu'il n'est pas possible de poser le diagnostic avec certitude en dehors des poussées, lorsque les symptômes ne sont plus apparents. De plus, au stade de lésions débutantes, le traitement soulagera plus efficacement s'il est pris précocement.
On peut consulter un médecin généraliste ou un dermatologue. Les lésions sont suffisamment caractéristiques pour se passer d'examens de laboratoire.


10) Quel est le traitement ?

Les molécules aciclovir et son dérivé le valaciclovir. La première est disponible en comprimé, en suspension buvable et en crème. La seconde n'est disponible que sous forme de comprimés. Ces deux médicaments sont d'autant plus efficaces qu'ils sont pris au tout début de la poussée. C'est pourquoi, il faut toujours en avoir en réserve dans sa pharmacie personnelle. Le traitement sous forme orale (en comprimés) dure cinq jours.
Ces traitements antiviraux enrayent les poussées et diminuent le risque de transmission du virus.
Ils peuvent également être utilisés en prévention (un comprimé par jour) chez les personnes ayant des poussées fréquentes (au moins six par an). Ils permettent d'espacer et d'amoindrir les poussées, mais ne les font pas forcément disparaître. Ainsi, il faut savoir qu'à l'arrêt du traitement, il arrive que les poussées reviennent.
Il faut également savoir que l'aciclovir existe sous forme générique et certaines formules sans ordonnance.



* Etude nationale INSTANT, menée en 2003 auprès de plus de 10.000 adultes de plus de 17 ans.


15/02/2005
Dr Philippe Presles

« Combattre l’herpès », Michel Cymes et Françoise Ramel, guide France info, éditions Jacob-Duvernet.

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