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Obésité : la piste des bactéries intestinales

Thèmes Santé -> Santé
publié le 03/01/2007

Plusieurs facteurs favorisent l'obésité


Il ne fait aucun doute que la génétique joue un rôle essentiel dans la détermination du poids corporel. Mais elle seule ne peut pas rendre compte de l'augmentation fulgurante de l'obésité dans les pays occidentaux au cours des 20 dernières années. Il est certain que les habitudes alimentaires interviennent, avec notamment l'abondance d'aliments très caloriques et peu coûteux. La progression de la sédentarité est aussi un élément particulièrement important. Mais des chercheurs viennent de découvrir un nouveau facteur influencant le développement de l'obésité : la composition en bactéries du tube digestif.


Obésité et bactéries intestinales

La composition de la flore bactérienne a été déterminée puis comparée entre personnes minces et obèses. Une telle analyse a été menée chez des souris puis chez des hommes.
Rappelons que notre tube digestif contient des milliards de bactéries, lesquelles participent activement à la digestion en prenant part à la dégradation des aliments. Au sein de cette flore intestinale, deux principales populations de microbes ont été identifiées et dénommées Firmicutes et Bacteriodetes.
Chez l'homme comme chez la souris, la proportion de Bacteriodetes est supérieure à celle des Firmicutes chez les plus minces, alors que c'est inversement la proposition de Firmicutes qui prédomine chez les obèses.
Cette différence s'est estompée après une perte de poids. C'est-à-dire que lorsque des sujets obèses ont perdu du poids sur une année, la proportion des Firmicutes se rapprochait de celles des sujets minces.

Bactéries et extraction calorique

Ces variations de flore intestinale pourraient moduler l'efficacité de l'extraction calorique. Les Firmicutes seraient capables d'extraire davantage de calories des aliments ingérés que les Bacteriodetes. Ce qui expliquerait pourquoi on retrouve moins de calories dans les selles des souris obèses que dans celles de leurs homologues minces.
Les auteurs ont ensuite eu l'idée de transférer la flore bactérienne des souris obèses chez les souris minces et vice versa. Deux semaines plus tard, les souris minces ont pris du poids, avec notamment une augmentation de leur masse grasse. En revanche, les souris obèses n'ont pas grossi.
En conclusion, la composition bactérienne de la flore intestinale n'est pas identique entre sujets obèses et minces, ce qui entraînerait des différences d'extraction caloriques et pourrait se répercuter sur le poids.
Alors, pourrait-on modifier la flore bactérienne chez les obèses et ainsi provoquer une perte de poids ? La piste est ouverte…



02/01/2007
Isabelle Eustache
Source : e-sante.fr
Lay R.E. et coll., Nature, 444 : 1022-3, 2006 ; Turnbaugh P.J. et coll., 444 : 1027-31, 2006.


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