Avant de partir, si vous avez une maladie chronique ou un traitement en cours, préparez vos ordonnances et davantage de médicaments que vous n’en avez besoin, au
cas où vous seriez bloqué. Demandez au pharmacien les noms de molécule (DCI) des médicaments, vous pourrez les remplacer facilement si vous les perdez (les noms de marque varient d’un pays à l’autre). Si vous avez une carie, voyez votre dentiste. Pour éviter de gâcher vos vacances ou d'avoir à vous faire soigner sur place.
Contrat d’assistance indispensable
Si vous partez dans un pays de l’Union européenne, demandez à votre caisse d’Assurance maladie votre carte européenne d’Assurance maladie* qui remplace depuis juin 2004 le formulaire E111. Selon le pays, vous éviterez l’avance de frais (pour soins médicaux, pharmaceutiques et hospitalisation) ou vous pourrez vous les faire rembourser. Pour tout renseignement complémentaire sur cette carte ou sur les droits spécifiques à chaque pays (même hors UE), contactez votre caisse*. Mais que vous partiez en Europe ou ailleurs, vérifiez que vous avez un contrat d’assistance (avec votre carte bleue ou compris dans le voyage) ou prenez-en un pour vous soigner sur place ou vous faire rapatrier en cas de maladie grave. Attention ! dans certains pays (Canada, Japon, Singapour, Brésil…) où les frais peuvent vite grimper, une extension de garantie de prise en charge des frais médicaux se justifie (1 journée d’hospitalisation aux États-Unis coûte 3 000 €).
Quelles vaccinations ?
Quelques informations à connaître
· Si vous êtes correctement couvert contre les maladies qui sévissent en France (tétanos, polio, diphtérie…) et si votre voyage est assez bref (une vingtaine de jours), organisé, ou si votre séjour est résidentiel, vous pouvez vous préoccuper de la seule vaccination obligatoire dans certains pays, la vaccination antiamarile (contre la fièvre jaune), 10 jours au moins avant le départ**. Si vos vaccins ne sont pas à jour ou si votre séjour est plus long, certaines vaccinations sont vivement conseillées en plus, selon le pays de destination. Dans ce cas, il est temps de vous en préoccuper (1 à 2 mois avant votre départ).
· La plupart des vaccins immunisent en 10 à 15 jours. Renseignez-vous précisément au cas par cas.
· Certains vaccins sont contre-indiqués en cas de déficit immunitaire, de grossesse et au cours d’une maladie infectieuse évolutive.
· Ne vous vaccinez pas dans le pays de destination, c’est trop risqué.
· La vaccination antiamarile (contre la fièvre jaune) est indispensable dans les pays d’Afrique au sud du Sahara, d’Amérique du Sud (même si ellen’est pas toujours obligatoire) et en Guyane**. Elle n’est pratiquée que dans des centres de vaccination agréés.
· Le vaccin antiméningococcique A et C est conseillé en cas de séjour prolongé dans un pays tropical (Afrique et Moyen-Orient), notamment en saison sèche, ou bien en cas d’épidémie.
· Le vaccin contre l’hépatite A est recommandé pour tout séjour dans un pays où l’hygiène est précaire, en particulier aux personnes infectées chroniques par le virus de l’hépatite B.
· Le vaccin contre l’hépatite B protège du risque d’infection transmise par les aiguilles ou le sang contaminés. Il est recommandé pour des vacances en zone de forte endémie (Afrique subsaharienne, Asie, certains pays d’Amérique centrale et du Sud).
· Le vaccin antirabique (contre la rage) est souhaitable pour les séjours aventureux, surtout en Asie (notamment en Inde). Mais ce vaccin ne dispense pas d’injections après la morsure.
· Le vaccin contre l’encéphalite à tiques s’impose pour des vacances en zone rurale ou des randonnées en forêt en Europe centrale, orientale et du Nord.
Gare aux moustiques
Si vous allez en Amérique ou en Asie forestières ou surtout en Afrique, gare au paludisme, une maladie grave, voire mortelle. Les touristes ne sont pas toujours conscients du risque qu’ils courent quand ils ne prennent pas correctement leurs comprimés en prévention. Expliquez au médecin où vous allez et suivez ses instructions : certains médicaments doivent être pris la veille du voyage, d’autres au moins 10 jours avant et, dans tous les cas, il faut
continuer 4 semaines après le retour. Il faut aussi prendre le traitement recommandé pour la zone visitée. Il varie en fonction du degré de résistance (à la chloroquine et aux produits plus récents) des anophèles (de type Plasmodium falciparum). Chaque pays est ainsi classé dans le groupe 1, 2 ou 3. Si vous êtes enceinte, spécifiez-le car certains médicaments sont déconseillés. Comme la prophylaxie n’assure pas une protection à 100 %, même si elle est adaptée et bien prise, mieux vaut prendre des précautions. Comme les anophèles piquent habituellement entre le coucher et le lever du soleil, c’est pendant cette période qu’il faut se protéger au maximum. Le soir, portez des vêtements longs, si possible imprégnés par un spray antimoustiques, mettez des moustiquaires aux fenêtres, évitez de sortir la nuit (même un court moment) sans avoir appliqué un répulsif (en lotion, crème, spray ou stick) sur les parties découvertes du corps, visage compris. Renouvelez les applications car la protection ne dure que 2 à 5 heures. À l’extérieur ou dans une pièce aérée, placez des tortillons fumigènes. Dans les chambres, utilisez des insecticides : diffuseur électrique avec tablette ou flacon de liquide (pensez à l’adaptateur de prises) ou bombe insecticide. Mettez la climatisation (quand il y en a) car elle réduit l’agressivité des moustiques, mais les insecticides restent de rigueur. La nuit, dormez sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide (en pharmacie) en bon état, bordée sous le matelas ou touchant bien le sol.
La "turista"
C’est le principal problème de santé des voyageurs. Les troubles sont le plus souvent bénins et disparaissent spontanément en 1 à 3 jours mais ils gâchent les vacances. La cause : une mauvaise hygiène. La parade : lavez-vous souvent les mains avec du savon (l’eau ne suffit pas), en particulier avant les repas ; protégez les plats des insectes ; consommez uniquement de l’eau en bouteille capsulée (ouverte devant vous) ou bouillie ou désinfectée, du lait pasteurisé ou bouilli ; pelez les fruits ; dites non aux crudités, aux aliments cuits présentés froids (même conservés au réfrigérateur), aux coquillages, aux plats réchauffés, aux glaçons et aux glaces. Emportez tout de même un antidiarrhéique.
Soleil tropical
Plus vous vous rapprochez de l’Équateur, plus les rayons du soleil sont nocifs. Ne vous exposez pas entre 12 et 16 heures quand la quantité d’ultraviolets est maximale et jamais durant des heures. Vous éviterez les coups de soleil et, à long terme, un cancer cutané… Enduisez-vous souvent avec une crème solaire à indice de protection élevé ; même sous un parasol, vous êtes exposé à la réverbération du soleil sur le sable et sur l’eau. Impératifs : tee-shirt, chapeau et lunettes de soleil.
Pas de baignade en eau douce
En vacances, dans un pays chaud, quel plaisir de se tremper dans l'eau… mais pas n'importe laquelle : dans l'eau chlorée des piscines ou dans la mer. Résistez au charme des petites mares et des étangs, et même des fleuves – en Amérique latine, en Asie, au Proche ou au Moyen-Orient ainsi qu'en Afrique – si vous ne voulez pas attraper une maladie parasitaire comme la bilharziose (transmise pas des larves de parasites qui traversent la peau et migrent vers différents organes, intestins, foie, vessie) et contre laquelle il n'existe pas de vaccin à ce jour.
Les petites bêtes
Dans les pays chauds et exotiques, les bestioles responsables de maladies désagréables sont plus fréquentes. Quelques exemples.
· Les méduses sont connues pour leurs tentacules mobiles très urticants. Dans les mers chaudes, elles sont plus dangereuses : la douleur syncopale peut entraîner une noyade. Les bons gestes : retirer les filaments restants (en se protégeant les mains), rincer sans frotter à l’eau de mer (pas d’eau douce), puis appliquer antiseptique et dermocorticoïde, prendre antalgiques et antihistaminiques.
· La ciguatera (ou gratte) est une intoxication, parfois grave (urticaire, douleurs abdominales, convulsions…), fréquente dans les mers chaudes (Antilles, Polynésie, La Réunion…). Elle est due à l’ingestion de poissons nourris de micro-organismes coralliens. À savoir : la fatigue peut durer plusieurs mois et une certaine sensibilisation aux poissons s’installer ; troubles digestifs et démangeaisons réapparaissent en mangeant du poisson, même non toxique, pendant un an environ.
· La dengue (grippe des tropiques) est due à un virus transmis par un petit moustique qui pique surtout le jour (Aedes aegypti), surtout en Asie du Sud-Est, en Indonésie, en Amérique centrale et du Sud et dans certains pays d’Afrique subsaharienne. Les signes (fièvre brutale et élevée, maux de tête, douleurs articulaires et musculaires…) peuvent durer plusieurs semaines, la fatigue surtout. Seule solution : se couvrir de la tête aux pieds avec des vêtements légers et se badigeonner de répulsif.
Evelyne Gogien
* Valable dans tous les états membres y compris les 10 nouveaux, la Suisse et les 3 états liés par l’accord sur l’espace économique européen ; interrogez votre caisse primaire d’assurance maladie. Les formulaires E111 délivrés avant juin 2004 restent valables jusqu’à leur date d’expiration, au plus tard le 31.12.04 ; site Internet www.ameli.fr
** Il faut impérativement 10 jours pour que la protection immunitaire soit efficace et un pays qui exige ce vaccin peut vous refuser l'entrée sur son territoire si vous vous présentez moins de 10 jours après votre vaccination.
Voyager avec un diabète
Le diabète n’empêche pas de voyager, même dans des pays lointains,
mais à condition de prendre des précautions.
· Pensez aux documents indispensables : ordonnance, carte stipulant que vous êtes diabétique, certificat médical pour transporter votre matériel (en anglais ou dans la langue du pays), coordonnées de votre diabétologue et par prudence, celles d’un centre local de diabétologie*.
· Emportez un peu plus de matériel que nécessaire à la durée du séjour : stylos injecteurs, aiguilles, lecteur de glycémie (avec piles de rechange), bandelettes, désinfectant… et votre réserve d’insuline dans les pays, africains en particulier, qui ne sont pas approvisionnés en insulines "modernes".
· Prévoyez des morceaux de sucre et des en-cas pour les retards ou embouteillages imprévus. À savoir : en avion, il n’est pas nécessaire de demander un repas spécial diabète.
· Pendant le voyage et le séjour, gardez tout le matériel et les collations avec vous et répartissez-les dans deux bagages au cas où l’un serait égaré.
· En avion, renseignez-vous sur les heures des repas pour adapter les horaires des injections.
· Pendant le voyage, placez l’insuline et le glucagon dans une boîte ou une pochette isotherme, à l’hôtel dans un réfrigérateur, sinon à température ambiante (sans dépasser 30°C). Attention, la chaleur (comme le froid) peut perturber le fonctionnement du lecteur de glycémie et des bandelettes.
· Un décalage horaire de plus de 3 heures nécessite une modification du traitement par insuline. Parlez-en avec votre diabétologue avant de partir pour établir avec lui vos horaires d’injections : si votre décalage est de 6 ou de 12 heures et si votre avion va vers l’ouest (Canada, États-Unis) ou vers l’est (Thaïlande, Australie), ce n’est pas pareil.
· Attention, dans les pays chauds, l’alimentation, en général plus légère, est pauvre en glucides lents et expose au risque d’hypoglycémie, surtout si les vacances sont l’occasion d’avoir plus d’activités physiques.
* Renseignements auprès de l’AJD, 17 rue Gazan, 75014 Paris, site Internet diabete-France.net
La trousse du voyageur
Il n’y a pas de trousse de pharmacie type. Sa composition est fonction du voyage. Deux précautions : laissez les médicaments dans leur emballage pour éliminer tout risque d’erreur et évitez les suppositoires à cause de la chaleur. Outre vos médicaments habituels si vous êtes sous traitement, emportez au minimum :
· contre le paludisme : répulsifs contre les moustiques et antipaludiques en prévention ;
· médicaments contre la fièvre et la douleur (le paracétamol se conserve mieux à la chaleur que l’aspirine), antidiarrhéique, antinauséeux (contre le mal des transports), laxatif doux (le changement d'alimentation est souvent à l'origine de troubles intestinaux), sédatif, crème pour brûlures, pommade antihistaminique (pour calmer les démangeaisons), pommade ou spray contre les coups et les bosses, stick hémostatique, antiseptique ;
· et aussi collyre (en doses unitaires), thermomètre frontal (peu fragile), petits ciseaux (en soute uniquement), pince à échardes, assortiment de pansements stériles et sutures adhésives, produit pour désinfecter l’eau de boisson ;
· si vous avez des enfants, demandez à votre pharmacien les formes pédiatriques des médicaments, des comprimés pour stériliser les biberons et des sachets de réhydratation. En dehors des pays occidentaux, n’achetez pas de médicaments sur place, trop de faux circulent.
Attention, enfants fragiles !
Pas de voyage en zone tropicale avec un nourrisson. Plus l’enfant est petit, plus il est sensible au soleil, à la chaleur, aux maladies, et certains vaccins ne sont pas recommandés ou pas efficaces avant un certain âge. Tout d’abord, vérifiez si les vaccinations "normales" de vos enfants sont à jour (DTCP, ROR, BCG…), elles sont encore plus nécessaires dans ces pays. Ensuite, renseignez-vous en fonction du pays que vous visitez.
· Le vaccin contre la fièvre jaune peut être administré dès l’âge de 6 mois, mais n’est en général obligatoire qu’à partir de 1 an.
· La vaccination contre la typhoïde est possible dès l’âge de 2 ans, mais n’est pleinement efficace que vers 5 ans.
· Attention à l’hépatite A : les enfants, surtout très jeunes, sont les premiers vecteurs de la maladie mais comme à cet âge, les symptômes ne sont pas très évocateurs, la maladie n’est pas diagnostiquée et l’enfant contamine son entourage ; le vaccin est conseillé dès l’âge de 1 an, en particulier aux enfants qui retournent en vacances dans leur famille en Afrique du Nord.
· La vaccination antiméningococcique (A et C) est recommandée à partir de 2 ans dans les zones à risque et en saison sèche (dès 6 mois en cas d’épidémie). À savoir : des associations ou des combinaisons vaccinales sont possibles et on peut tout faire le même jour.
· Attention au paludisme. Si le pays fait partie d’une zone où les moustiques sont très résistants aux traitements classiques, n’emmenez pas les tout-petits. Pour les autres, la prophylaxie antipaludique obéit aux mêmes règles que pour l’adulte : les doses sont fonction du poids. Mais il existe aujourd’hui des formes pédiatriques, plus simples. Ce qui ne vous dispense pas d’adopter sur place des mesures de protection pour réduire le risque de piqûres de moustiques. Évitez les répulsifs avant l’âge de 2 ans.
· Surveillez l’eau (minérale ou bouillie), les aliments (bien cuits) et l’hygiène. Par sécurité, emportez des sachets de réhydratation orale (en pharmacie) car la turista est plus grave chez les enfants.
· N’exposez jamais un tout-petit au soleil et protégez-lui la tête avec un chapeau. Pas de déplacements trop longs dans les pays très chauds, en particulier en voiture ; pour éviter le coup de chaleur, faites-le boire régulièrement.
De l’eau purifiée
Méfiance dans les pays chauds. Même quand elle est limpide, l’eau peut receler des milliers
de micro-organismes qui provoquent des maladies graves : choléra, typhoïde par exemple, mais surtout des dysenteries et la classique "turista". Ne buvez jamais l’eau du robinet, ne l’utilisez pas pour vous laver les dents et surtout pas pour nettoyer une plaie. Le plus simple : ne boire que de l’eau en bouteille (d’une marque connue et capsulée). Bon à savoir : les eaux gazeuses sont plus sûres du fait du pH de l’acide carbonique et des difficultés de falsification. Refusez les glaçons. En revanche, pas de risque avec le thé et le café puisqu’ils sont préparés avec de l’eau bouillie. Vous pouvez d’ailleurs faire bouillir l’eau (à gros bouillons pendant 5 minutes) avant de la boire, mais ce n’est pas toujours possible. Les comprimés effervescents (vendus en pharmacie) sont efficaces sur les virus et les bactéries, mais pas sur les parasites ; ils permettent aussi de conserver l’eau. Un conseil : ne partez jamais en excursion sans une bouteille d’eau préparée.
Informations complémentaires
· Ministère de la Santé www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/voyageurs/index.htm
· Institut Pasteur de Paris www.pasteur.fr (rubrique Santé)
· Institut Pasteur de Lille (conseils pays par pays) www.pasteur-lille.fr (rubrique Santé)
Vous pouvez aussi appeler la compagnie d’assurances auprès de laquelle vous avez souscrit un contrat d’assistance voyage ou demander des renseignements aux centres médicaux
des compagnies aériennes (www.adp.fr) et dans les services hospitaliers
de médecine tropicale.
Pour ne rien oublier, un livre très pratique : "La médecine du voyage", Hubert Guérin et Antoine Grau, Éd. Loisirs nautiques, 2002, 29,50 EUROS.
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